Des soins oncologiques personnalisés dans un monde de plus en plus complexe.

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La prise en charge du cancer évolue à un rythme effréné. De nouvelles thérapies, de meilleures techniques de diagnostic et une compréhension de plus en plus approfondie des tumeurs permettent à un nombre croissant de patients de vivre plus longtemps avec ou après un cancer. Parallèlement, la complexité des parcours de soins en oncologie ne cesse de croître. C’est dans cet équilibre entre innovation et soins humains que l’hôpital joue un rôle crucial.

Pour la Dre Lieve Braeye, oncologue, une question reste centrale : comment garantir que chaque patient, même dans un hôpital regional tel que l’AZ Sint-Maria, bénéficie des meilleurs soins possibles ?

Plus de diagnostics, de meilleures perspectives

Le cancer est aujourd’hui une des affections les plus fréquentes dans le monde occidental. En Belgique, environ une personne sur trois recevra un jour un diagnostic de cancer. Ces chiffres ne cessent d’augmenter mais il convient de nuancer les choses. 

Dr. Lieve Braeye, oncologue à la clinique AZ Sint-Maria

« L’augmentation du nombre de diagnostics ne signifie pas que le cancer devienne plus agressif. Nous le détectons mieux et les gens vivent plus longtemps. Le vieillissement de la population, l’amélioration du dépistage et les facteurs liés au mode de vie jouent un rôle important à cet égard. Il est frappant de constater que cette augmentation s’accompagne d’une baisse de la mortalité : les diagnostics sont plus nombreux mais en même temps, les chances de survie s’améliorent. Ceci témoigne de progrès évidents dans le domaine des soins oncologiques. Pour un nombre croissant de patients, le cancer devient ainsi une affection chronique, dont le traitement et le suivi s’étendent sur une période prolongée » », conclut la Dre Braeye.

La nécessité d'une approche différente pur chaque patient

Aujourd’hui plus que jamais, les soins oncologiques sont sur mesure. « Nous sommes passés d’une approche ‘taille unique’ à des soins personnalisés », explique la Dre Braeye. « Nous ne traitons pas seulement la tumeur mais bien la personne dans son  ensemble. Les chances de guérison d’un patient dépendent d’une combinaison complexe de facteurs, liés tant à la tumeur (type, stade, caractéristiques biologiques) qu’au patient (âge, état général, comorbidités) et spécifiques au traitement (accès aux thérapies, expérience du centre). De plus, le contexte global intervient également : le soutien social, l’observance thérapeutique et les facteurs psychologiques peuvent fortement influencer le parcours. »

Les meilleurs soins ne sont pas toujours dispensés en un seul lieu, mais grâce à une collaboration adaptée.

Les patients recherchent souvent du contrôle, quelque chose qu’ils peuvent faire eux-mêmes. Selon la Dr Braeye, cela reside souvent dans les petits détails : l’observance thérapeutique, une communication ouverte et le fait d’oser parler des effets secondaires. « Nous constatons que les patients ont parfois tendance à éviter de parler de leurs symptômes ou des effets indésirables, par crainte que leur traitement ne soit adapté ou réduit. Or, cette communication est précisément essentielle pour rechercher ensemble le juste équilibre et poursuivre le traitement de la manière la plus optimale possible. »

La confiance, fondement du traitement

Une des questions qui revient le plus souvent chez les patients est de savoir s’ils bénéficient bien de toutes les options possibles dans un hôpital régional tel que l’AZ Sint-Maria. Ne faudrait-il pas aller dans un centre universitaire ? « Cette question est parfaitement compréhensible », déclare la Dre Braeye. « Mais notre point de départ est toujours le suivant : où se trouvent les meilleures chances pour ce patient ? Nous examinons ainsi attentivement ce qui peut être réalisé localement et de manière qualitative, et déterminons dans quels cas un renvoi est indiqué. Les dossiers complexes sont discutés avec d’autres spécialistes et, si nécessaire, le patient est aiguillé vers des centres plus importants. La collaboration joue ici un rôle primordial : pour les cas nécessitant une expertise spécifique, nous travaillons en étroite collaboration avec des centres tertiaires. Cela permet aux patients d’avoir accès à des soins spécialisés sans devoir se déplacer loin inutilement. »

Mais la confiance est au moins tout aussi importante. « Les patients qui ont confiance dans leur trajet de soin vivent leur maladie différemment de ceux qui continuent à douter. Sans cette confiance, il est difficile d’offrir des soins de qualité », souligne la Dre Braeye.

Nous connaissons nos patients, non seulement leur dossier, mais aussi leur contexte et leur environnement.

La force d'un hôpital régional

C’est précisément là que réside, selon la Dre Braeye, un atout majeur d’un hôpital plus petit : « Notre proximité fait une grande différence. Nous connaissons nos patients : non seulement leur dossier mais aussi leur contexte et leur environnement. Cette approche personnelle se traduit dans la continuité des soins, une communication sans barrières et la possibilité d’un accompagnement personnalisé. » 

Parallèlement, nous disposons d’une solide équipe de soutien en oncologie, composée de coaches en oncologie, d’infirmiers et de professionnels du soutien social. « Vous n’êtes jamais seul en tant qu’oncologue. Cette approche multidisciplinaire est essentielle pour bien accompagner les patients. Son impact est visible, y compris pour les patients et leurs familles. L’accompagnement ne s’arrête pas à la fin d’un traitement. Il se poursuit jusqu’aux soins palliatifs et aux trajets de suivi ultérieur. »

Entre espoir et réalité

Les soins oncologiques oscillent constamment entre l’espoir et la réalité. Les progrès sont considérables mais il n’existe toujours aucun traitement permettant de guérir toutes les formes de cancer. Dans le même temps, l’évolution reste encourageante, avec le développement de meilleures méthodes de détection et de thérapies toujours plus ciblées. Les nouvelles thérapies telles que l’immunothérapie et les traitements ciblés offrent de plus en plus de possibilités mais restent complexes et fortement individualisées. La Dre Braeye relève que le parcours comporte inévitablement quelques moments particulièrement difficiles.

Dr. Braeye avec l'Équipe d'Accompagnement Palliatif

« Le moment du diagnostic, la prise de conscience qu’un traitement va durer longtemps ou le moment où il n’y a plus de possibilités de traitement sont très difficiles à vivre, tant pour le patient et son entourage que pour nous, en tant que soignants. Une communication claire reste essentielle tout au long du parcours. Du diagnostic à l’éventuelle phase terminale, chaque étape exige rigueur et sincérité. »

« Aux moments décisifs, les patients doivent avoir le sentiment que tout ce qui était possible a été fait. Cela n’est possible que si un lien de confiance a été établi dès le début », conclut la Dre Braeye.

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